XXIV. Jésus a-t-il prédit la fin du monde et son retour comme les Écritures nous l'ont transmis?

Il ressort du Récit d'Ardor que Jésus utilise assez librement les prédictions des prophètes lorsqu'il parle de la ruine de Jérusalem et de la fin du monde. La conception qu'il se faisait des temps ultimes était, sur ce point, très proche de celle des autres hommes. Ses paroles sont d'une part influencées par les souvenirs qu'il avait de ses études de la doctrine de Zarathoustra et, d'autre part, par de faibles souvenirs de son existence désincarnée. S'il dit par exemple que Dieu appellera tous les morts au jour du jugement dernier - c'est qu'il avait présente à la mémoire l'heure où Dieu, quatre-vingts ans environ avant sa naissance comme de Jésus de Nazareth, avait, pour la première fois, appelé les esprits enchaînés à la Terre.1 Dans les pensées de l'homme Jésus, cette expérience d'antan prit alors la forme d'une sorte de prescience, et ne pouvant s'expliquer d'où lui venaient ces représentations, il pensa que c'était Dieu qui lui avait donné des connaissances sur l'avenir. Conclure des morts aux vivants était alors logique, et c'est pourquoi il dit dans son discours que Dieu appellera également tous les vivants pour les juger.
Lorsque Jésus dit que les méchants seraient envoyés dans le lieu qui leur était préparé - c'est que sa mémoire spirituelle gardait un faible souvenir des esprits déchus (les Aînés) qui avaient été conduits à des corps célestes lointains pour y être purifiés des Ténèbres qui les avaient pénétrés lors de leur chute.
Jésus ne gardait pas de souvenirs nets de la réincarnation. Elle lui était connue, surtout par la doctrine hindoue, mais étant lui-même dans l'incertitude sur ce point, il n'en disait rien de précis. On retrouve cependant dans les Évangiles des remarques d'où il ressort que cette idée ne lui était pas totalement étrangère.